PRESSE/Press

Gramophone juillet 2014
http://www.gramophone.co.uk/review/royer-pyrrhus

The Guardian, The Observer, dimanche 20 avril 2014

www.theguardian.com/music/2014/apr/20/royer-pyrrhus-enfants-apollon-greenberg-crawford

Opera Lounge
http://operalounge.de/cd/oper-cd/kein-phyrrus-sieg

Forum Opéra
http://www.forumopera.com/cd/un-age-dor-pour-le-public

Crescendo
http://www.crescendo-magazine.be/2014/04/plutot-lully-que-rameau/

Anaclase
http://www.anaclase.com/content/pancrace-royer-0

France Musique, Changez de disque

http://www.francemusique.fr/emission/changez-de-disque/2013-2014/coup-de-coeur-pour-les-noces-de-figaro-par-teodor-currentzis-02-18-2014-17-00

France Musique, La Matinale
http://www.francemusique.fr/emission/la-matinale/2013-2014/patrick-cohen-akenine-invite-de-la-matinale-02-12-2014-15-16

Cadences N° 256 septembre 2012


Opéra Magazine hors série 2012-2013 Les opéras à travers le monde





















Alain Attyasse, « Pyrrhus à Versailles : une résurrection primordiale », ResMusica

Force est de constater l’intérêt de cette composition dont la qualité orchestrale est assez fouillée… la dramaturgie, centrée sur les amours de Pyrrhus (qui aime Polyxène, mais n’en est pas aimé) et ceux d’Acamas, confident de Pyrrhus, s’élabore autour d’un découpage probant, duquel on retiendra des moments de musique absolument admirables. L’acte infernal, où les imprécations diaboliques d’Eriphile (trahie par Pyrrhus) se mêlent aux menaces démoniaques des Euménides, est d’une urgence implacable dans laquelle se mélangent les sentiments les plus effroyables. On retiendra le rôle si marquant de la plaintive Polyxène, victime de l’ire magique de sa rivale, un chœur de nymphes entourant la déesse Thétis saturant l’atmosphère d’harmoniques chatoyantes, le suicide de Polyxène d’une concision théâtrale rare. Une œuvre qui signe un tournant dans la tragédie lyrique, annonçant les révolutions du genre dans la décennie suivante.

L’exécution… autorisait une attention vigilante et l’impression d’assister à un évènement important et exceptionnel. La distribution fut relativement homogène, rendant un service non négligeable à l’opéra. Guillemette Laurens, sanguinaire et vengeresse, n’a plus à démontrer son talent de tragédienne et la puissance du rôle lui offre une grande capacité d’expression. Emmanuelle de Negri en est le contrepoint parfait dans la pureté de l’héroïne sacrifiée: la voix haute, claire et bien conduite (l’air introduisant le premier acte lui permet d’asseoir une riche palette de couleurs dolentes) s’accommode d’une prononciation dont on saisit le soin de la compréhension. Dans la même veine, mais toutefois plus chargé en noirceur, Alain Buet, incarnant Pyrrhus, au travail professionnel et sur, a maintenu une présence constante sur la globalité de l’œuvre… Jeffrey Thompson… dans le rôle d’Acamas, [a] des moyens certainement intéressants… Enfin, la direction de Michael Greenberg, utile pour resserrer quelques moments plus faibles de la tragédie, défendait vaillamment cette recréation, malgré quelques cordes parfois un peu acides, mais aidé par un chœur aux effets adéquats et une grande présence de la claveciniste Lisa Goode Crawford.

On ne peut donc que se féliciter de ces jalons musicaux remontés, tant dans un intérêt musicologique que dramatique, et ce, d’autant plus que ce concert enregistré fera l’objet d’une sortie commerciale en CD, qui permettra une visibilité d’autant plus grande.


Laurent Bury, « Quand Atys 2011 rencontre Atys 1987 », Forum Opéra

Un chef et une formation fort peu médiatiques, un compositeur tout juste connu des amateurs de clavecin, une petite salle qui n’a jamais été conçue pour la musique (l’opéra de Versailles est en travaux) : ce Pyrrhus s’annonçait sous d’assez mauvais auspices. Mais c’était sans compter avec une confrontation inédite, puisqu’on allait entendre réunies dans le même concert la superbe Sangaride de la dernière reprise d’Atys et l’inoubliable Cybèle de la création du spectacle vingt-cinq ans auparavant. Et comme on le verra, Pancrace Royer peut adresser un grand merci d’outre-tombe à ces deux chanteuses d’exception.

[Si] les touristes… attirés par le beau temps et les Journées du Patrimoine… avaient poussé la curiosité jusqu’à la Salle des Croisades, ils auraient pourtant découvert une œuvre pleine de beautés et servie par de formidables interprètes… cet opéra précède de trois ans Hippolyte et Aricie : sans en égaler le génie, il montre que Rameau n’a pas créé ses œuvres dans un désert sonore, mais que l’Académie royale de musique donnait déjà des opéras « d’un goût nouveau », pour citer Destouches au sujet de ce Pyrrhus.

Michael Greenberg est peut-être plus instrumentiste et musicologue que chef dans l’âme [mais] le résultat est convaincant… l’ensemble se tient fort bien… Et surtout, ce Pyrrhus bénéficie de merveilleux solistes… Alain Buet met au service du rôle-titre un baryton épanoui et un réel engagement dramatique… Voix richement timbrée, intensément émouvante à chacune de ses interventions, Emmanuelle De Negri montre ici qu’elle est promise aux plus beaux rôles. Et la Sangaride de 2011 trouve une digne réplique chez la Cybèle de 1987, l’inépuisable Guillemette Laurens : un quart de siècle s’est écoulé depuis le premier Atys, mais en termes d’investissement dramatique, la mezzo-soprano reste une actrice à couper le souffle, et l’on gardera longtemps le souvenir des imprécations de cette Ortrud baroque qu’est Eriphile, concentré de haine digne de son homonyme dans l’Iphigénie de Racine. Heureusement, le label Alpha avait posé ses micros dans la salle, et nous devrions dans un an disposer d’un enregistrement qui immortalisera ce concert, belle revanche posthume du Pancrace Royer compositeur d’opéras.


« Chronique concert », Muse Baroque

Jeffrey Thompson et Emmanuelle De Negri furent sans conteste les deux grands tragédiens de la soirée, suivis de près par Hilary Metzger ; véritable interlocuteur, la violoncelliste traçait de manière poignante les contours terribles de l’intrigue, dynamisant ainsi les récits et tenant l’auditeur en haleine. Bien qu’étant d’origine américaine, le ténor fit montre d’une diction irréprochable et soigneuse du texte, bien plus « parlante » que celle de la plupart des chanteurs francophones. Appuyé par une solide technique vocale, il jouait, de ton son corps, faisant de son visage une seconde bouche tant les mimiques qu’il adoptait changeaient rapidement et selon le fil des pensées de son personnage. Acamas, ami mais aussi rival de Pyrrhus, voulant fuir avec Polyxène sous couvert de la posséder. Homme manipulateur et fourbe, auquel Thompson donna une carrure terrifiante et un brin maléfique, mais séduisant par la rectitude de son regard perçant et la volubilité de sa voix. Très habile dans les passages de registre, dans la juxtaposition de nuances et de caractères contrastés, il recrée le théâtre, la scène absente, révèle une surprenante palette d’affects, accompagnées de couleurs et de textures vocales extrêmement variées. De son violent amour pour Polyxène (Acte IV) à l’aveu qu’il en fait à Pyrrhus en se donnant la mort (« Je t’ai trahi/l’amour a fait mon injustice » – Acte V), l’Acamas de Jeffrey Thompson nous aura fait frémir, du début à la fin, tantôt de peur ou de compassion.

A ce jeu bouillonnant et insaisissable répondit la douceur, inflexible et candide, d’Emmanuelle de Negri. Profondément imprégnée par son personnage, la soprano portait sur son visage les tourments de Polyxène, allant jusqu’à quitter la scène au bord des larmes après son premier entretien avec Pyrrhus (Acte I). Mais rien, dans son jeu, n’était surfait. Toute en mesure et en finesse, investissant ses possibilités vocales à l’extrême afin d’exprimer au plus près les affects suggérés par la partition, les soutenant d’une conduite vocale toujours bien menée.

On fut séduit également le timbre soyeux et rayonnant de Nicole Dubrovitch, à travers les figures d’Ismène et de Thétys. Baume généreux à la projection droite et facile, charmant par sa souplesse et sa simplicité. Nicole Dubrovitch incarnait des personnages bienfaisants et réconfortants, auxquels sa voix donna un charme particulier, communiquant par la spontanéité légère des ornements une confiance rassurante. Du reste de la distribution, on apprécia les profondes basses d’Alain Buet et de Virgile Ancely… le disque à paraître sera porteur d’une fougue plus étourdissante, simplement vivante, à l’image des passions emportées qui s’allient et s’opposent à la cour du roi Pyrrhus.


David LeMarrec, « Pancrace ROYER, Pyrrhus (1730) - I - Une tragédie sans amour (Versailles 2012) », Carnets sur sol

Sans vouloir abuser de superlatifs, la redécouverte de cette tragédie en musique était d’une assez grande importance, à cause d’une notable nouveauté de la musique, mais surtout en raison de la remarquable qualité générale – l’œuvre culmine en quelques moments qui sont à placer dans le florilège restreint de la tragédie lyrique… la fin laisse une impression particulièrement sombre : non seulement l’innocence de Polyxène est sacrifiée, mais de surcroît le dramaturge attend ce moment pour nous révéler que Pyrrhus était aimé en retour. La situation tient d’autant plus du coup de théâtre qu’étant tenu par une basse-taille, rôle d’habitude dévolu aux héros virils (souvent éconduits, comme Roland chez Quinault-Lully ou Alcide chez La Motte-Destouches), aux opposants ou aux pères. Rien ne prépare donc à cet aveu, vraiment étonnant pour qui n’a pas lu La Serre…

J’en retiendrai deux [nouveautés]. D’abord l’enjambement d’acte. On cite souvent Gentil-Bernard, dans la seconde version du Castor et Pollux (1754) de Rameau (la fin de la bataille enchaîne avec l’air fameux de déploration « Triste apprêts »), mais ici, le lien est encore plus fort et moins traditionnel. On peut le comparer à ce que fait Destouches dans Callirhoé en 1712, en reprenant une thématique agitée au début de l’acte III, suite aux fureurs bachiques de l’acte II. Mais dans Pyrrhus, le « pont » entre les actes III et IV figure même dans le livret : l’invocation infernale d’Ériphile est prolongée très naturellement, dans le texte comme dans la musique, par les désordres meurtriers du peuple au début de l’acte IV. La pratique est suffisamment rare, a fortiori dans la tragédie en musique où l’on aime à voyager entre les actes… pour être relevée.

Plus fondamental, l’œuvre est l’un des très rares cas (je ne suis pas sûr d’en voir d’autre, spontanément) où l’on ne rencontre, à aucun moment, un couple amoureux constitué. La haute-contre (Acamas), qui aurait pu être l’amant charitable de Polyxène sous d’autres plumes, trahissant son ami le héros valeureux (comme Iphis dans Omphale de La Motte-Destouches, ou, sans lien préalable avec le héros, Médor dans Roland de Quinault-Lully) pour être aimé, est ici un repoussoir absolu, non seulement faible, mais en outre méprisé par l’héroïne – et trahi à son tour par Ériphile.

D’ordinaire, l’amour est présenté comme un absolu alternatif à la gloire. Ici, il est seulement la source de passions destructrices, pour tous. Et Polyxène, la seule vertueuse, ne peut s’y abandonner qu’en signifiant son impossibilité, et seulement mourante…

Bref, une véritable originalité, qui ne présente pas vraiment l’amour sous son jour le plus lumineux.

Le Journal du Conservatoire  59 (décember 2004)



Spectacles à Nancy et alentours  229 (2006)

Le Monde 2014

http://www.lemonde.fr/culture/video/2014/03/26/ecoutez-le-son-caverneux-de-l-octobasse-cet-instrument-hors-normes_4390232_3246.html

France Musique, London Calling

http://www.francemusique.fr/emission/la-matinale-du-samedi/2013-2014/london-calling-04-19-2014-07-00

Premier Salon du Violon 2014
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